Exposition
L’ARCHIPEL DES POSSIBLES
Du 04 JUIN AU 25 JUILLET 2026
VERNISSAGE le jeudi 04 juin à partir de 18h30
Archipel comme sont archipels nos corps si singuliers, reliés indéfectiblement à la communauté humaine.
Archipels aussi nos esprits si enfermés dans leur boîte d’os, au point que séparés de leurs congénères tels les enfants sauvages, ils deviennent incapables de s’intégrer à la société et sont condamnés au monde animal privé de parole.
L’archipel enfin, comme lieu des possibles singularités non solitaires, des différences reliées entre elles, générant résonances et ondulations se croisant comme des cailloux jetés dans l’eau.
Ainsi sommes-nous, îles émergeant d’une mer de signes, reliés souterrainement par nos racines humaines, par les fonctions cognitives qui, à travers le langage, constituent les fondations de notre maison commune.
L’exposition réunit des artistes autour d’une réflexion sur les singularités connectées. Empruntant sa métaphore à la géographie, elle devient ainsi un laboratoire d’expérimentation des liens invisibles qui nous relient.
L’Archipel des possibles questionne les perméabilités entre individuel et collectif, entre corps et architecture, entre identité et altérité.
Artistes
Stéfany Brancaz | Alain Kantarjian | Françoise Lambert | Christophe Lepel Cointet | José Man Lius | Martial Verdier | Virginie Rochetti | Régis Rizzo | Sarah Roshem
Curation
JML
NUIT BLANCHE 2026
Le samedi 06 JUIN 2026 – de 18h à minuit
Entrée libre
BEHAVE WOLF, de SARAH ROSHEM
Behave Wolf (Galerie Rue Française) 5′ — Paris, France.
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Behave Wolf est une performance artistique dans laquelle deux meutes s’apprivoisent et hurlent en chœur de cris de loups. Elle explore notre capacité à coexister — simplement en marchant ensemble, en s’écoutant, en accordant nos voix. Une meute humaine munie de coiffes et de queues de loup se forme, apprend à mettre ses pas en rythme et ses voix en résonance, jusqu’à faire émerger un chœur de cris de loups. Le 100 devient territoire d’observation et de réaction de ce collectif qui s’anime et se fait entendre. La performance repose sur un protocole transmis en amont : apprivoiser les Corps Communs, habiter l’espace, trouver son cri.
Tournée à la Galerie Rue Française en décembre 2025, elle réunit les comédiens et performeurs Clémence Thoison, Ilan Ginsburger, Louis Heurteau, Dario Friha, Cécile Brigand, Mathilde Daudy, Abel Darmellah et Yannick Lhermitte. Musique : Kamelito music.
Sarah Roshem est une artiste française, docteure en Art et Science de l’art, qui a fait du care, du « prendre soin» son domaine de prédilection. C’est ainsi que l’artiste se met au défi de réinventer des formes esthétiques, des gestes artistiques dans lesquels la relation à autrui – notre interdépendance et ce que nous partageons en commun – serait engagée. Elle explore ce champ de recherche au travers de sa pratique artistique en faisant des participants des acteurs actifs d’une expérience relationnelle concrète et sensible.
A partir de 2016 elle conçoit les Corps communs, un ensemble d’œuvres performatives et participatives, qui donne à vivre une expérience d’attention profonde et de rythme partagé jusqu’à inventer ensemble des mouvements accordés pour ensemble faire corps. Depuis 2018, elle est en résidence artistique au FAM Sainte-Geneviève (Paris 14e) dans le cadre d’un partenariat avec Culture & Hôpital. De 2021 à 2023 elle collabore avec le Louvre au programme Education Démocratisation Accessibilité. Depuis 2025 elle intervient à l’ASM 13 avec les Corps Communs auprès de jeunes adolescents autistes.
TRANS INDIA EXPRESS | TOKYOJINN, de ÇIVA DE GANDILLAC
Trans India Express 2019 · Documentaire, 17′ Kerala & Tamil Nadu, Inde
Tokyojinn 2018 · Documentaire, 16’46 » Tokyo, Japon
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Licencié en cinéma à Paris III, Çiva de Gandillac réalise en 1996 son premier documentaire Guerres Spirituelles, primé au Festival L’aventure des Premiers films au Forum des Images. Depuis, il réalise de nombreux films indépendants, présentés dans différents lieux de projection — Forum des Images, l’Unesco, la Maison de l’Amérique latine. Neuf DVD de ses films ont été édités par L’Harmattan Vidéo depuis 2012. Sa chaîne YouTube totalise plus de trois millions de visionnages.
Observer, réfléchir et se souvenir — telle est la ligne de force d’une pratique documentaire construite sur l’errance et la subjectivité assumée. De Tokyo à La Havane, du Brésil à la Syrie, Çiva de Gandillac filme le monde à hauteur humaine, au fil du hasard et de la rencontre. Trans India Express livre des impressions personnelles captées au Kerala et en Tamil Nadu — une Inde sensible, non inventoriée. Tokyojinn plonge dans la ville tentaculaire et rétro-futuriste de Tokyo, observant ses habitants au fil du métro, rythmé par d’étranges karaokés défouloirs. Dans les deux cas : un regard qui ne prétend pas expliquer — qui préfère traverser.
THANATOS, de ATSUHIKO WATANABE
Thanatos 2021
Film expérimental d’animation, 10’46 » Création visuelle et musicale
- Sélectionné dans plus de 40 festivals internationaux
- Meilleur court métrage d’animation, Stockholm Short Film Festival 2022
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Thanatos est un autoportrait déformé — né de la perte de son père pendant le confinement à Paris. Face à la disparition soudaine d’un être aimé, le film transforme le deuil en paysage visuel et sonore : 60 à 80 pistes vidéo superposées, travaillées par strates de transparence, à la manière d’un peintre construisant son image couche après couche. Corps fragmentés, couleurs en mouvement, pulsions et présences — Thanatos n’illustre pas la mort. Il la laisse traverser la conscience.
Cinéaste japonais basé à Paris, Atsuhiko Watanabe est diplômé du Fresnoy — Studio national des arts contemporains et de l’Université de Tokyo. Sa pratique se déploie à la croisée du cinéma expérimental, de la chorégraphie et de la musique électronique. Ses films ont été sélectionnés au Festival de Locarno, à Rotterdam, à Clermont-Ferrand. De 2009 à 2016, il dirige le département cinéma de l’Université d’art et de design de Tokyo Zokei. Depuis le confinement, il développe en autoproduction une trilogie d’animation expérimentale — Horror, Subjectile, Thanatos — récompensée dans plus de cent festivals à travers le monde.
>IMDb : https://imdb.com/name/nm1924971/
CITY IN MOTION , de DAMIEN DLM
City in Motion 2025
Documentaire, 14’50 » — Taipei, Taïwan. Langue : Mandarin sous-titré en français
Scénario & images & montage : Damien DLM · Écriture : Damien DLM & José Manlius · Coordinateur : Jim Tzeng · Musique : Vivaleum · SFX : Pixabay
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City in Motion est une cartographie sensible — vingt-cinq ans d’observation de l’intérieur condensés en deux volets : Taipei Exchange, Taipei Explore. Cinq habitants aux horizons variés — Jim Tzeng, Kai Zhong, Yanru Lin, Sol Y.J. Chen, Chiao Lin — dessinent une ville kaléidoscopique, ancrée et suspendue. En toile de fond, une question géopolitique qui ne se dit pas — et qui rend chaque instant un peu plus précieux.
Plasticien, directeur artistique et formateur en design digital, Damien de La Marlier vit en alternance entre Paris et Taipei depuis plus de vingt-cinq ans. Il développe une photographie plasticienne nourrie par l’errance urbaine — héritière de Daido Moriyama et Harry Gruyaert — où chaque image traque la ville en mouvement : ses contrastes, ses ruptures, ses respirations. Son regard compose, fragment par fragment, un récit plus vaste.
HOMME BLEU, de JOSE MAN LIUS
Homme Bleu 2011
Installation vidéo & performance sur le Volcan La Soufrière, Guadeloupe, 5’30 » 16:9
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Homme Bleu – Un corps peint intégralement en bleu surgit dans le paysage volcanique et brumeux de La Soufrière. Ni humain identifiable, ni créature mythologique — une entité instable qui déroute le regard et fracture les catégories. Par ce décalage chromatique radical, Homme Bleu interroge les mécanismes culturels et politiques qui fabriquent l’étranger, classent les corps, assignent la différence. Le volcan — espace de transformation continue, entre archaïsme et matière vive — devient le théâtre idéal d’une hétérotopie où mémoires coloniales, logiques d’exotisation et systèmes de représentation se trouvent mis en tension. La gestuelle lente, oscillant entre rituel indéchiffrable et algorithmie, situe le personnage hors du temps. L’altérité n’y est plus assignée — elle est reconfigurée comme lieu de possible.
José Man Lius – Artiste plasticien, directeur artistique et curateur opérant entre l’Europe et les Caraïbes, José Man Lius développe depuis trente ans une pratique à la croisée de la scénographie immersive, des arts numériques et de la pensée décoloniale. Fondateur de la plateforme éditoriale Culturama — plus de cent entretiens avec des artistes , designers et architectes internationaux — il mène en parallèle une activité de formation dans plusieurs écoles supérieures de création et de design. Son travail convoque les imaginaires, les mémoires du corps et les récits de l’altérité.
VENTOLINE, de SYLVERY BOLOTTE
Ventoline 2017. 4’28 ». Film expérimental
Réalisateur : Sylvery Bolotte · Producteur : Louis Arcelin · Productrice exécutive : Aurélie Lobin · Acteur : Martin Rucki · Monteurs : Mario Battistel · DOP : Jean-Baptiste Villechaize · Assistant caméra : Laure Amélie Vilanova · SFX lead : Barthélémy Robino · SFX : Martin Bresler · Gaffer : Brice Tupin · Make-up : Cindy Leroux · Robot operator : Pascal Jacquot · Phantom Flex : Xavier Pleche · Fluid motion : Franck Courault · Lumière & caméra : RVZ · SFX motion control : Flam
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Ventoline est une dilatation du mouvement. Deux secondes devenues film — où la violence du monde, d’ordinaire invisible, affleure dans l’intervalle entre le mouvement et son arrêt. Ni démonstration ni témoignage : une présence.
Ventoline est la transposition d’une histoire familiale. Temps, violence, monde invisible — Sylvery Bolotte travaille ces matières par le fluide et la simulation numérique, jusqu’au point où la technique disparaît dans le sensible. Le mouvement, dans son travail, a toujours une seule destination : l’émotion.
Sylvery Bolotte travaille à la frontière de l’art, de la technologie et du luxe — un espace qu’il désigne lui-même comme 3D Haute Couture. Créatif spécialisé en effets spéciaux, vingt ans de fabrication d’imaginaire pour Cartier, Louis Vuitton, Nina Ricci ont forgé une pratique où la matière numérique se plie, se déforme, se transfigure. Ventoline est l’envers intime de son métier commercial — le même geste, retourné vers la chair.
MONSIEUR H, de FRANCOISE LAMBERT
Monsieur H. France. 2022 · Film photographique musical, 3’32’’ Couleur.
Photographies Françoise Lambert. Musique « Les voix, des voix », Pierre Charpy. Performance Pascal Hausherr.
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Françoise Lambert nous invite à un micro-voyage dans le décor urbain, en compagnie de sa créature Monsieur H. Au fil de ses errances, le personnage solitaire, tour à tour candide, tragique, comique, perplexe, se révélera fondu de la pulsion scopique. Dans le banal, le trivial, le presque rien, il traque de l’insolite, du beau, même des œuvres. Devant les portes fermées, il ouvre celles d’un monde imaginaire, sur le mode burlesque, en quête d’une poésie du quotidien — à l’image d’un autre H. et d’autres porteurs de couvre-chefs du cinématographe.
Née à Rennes (35), Françoise Lambert vit à Montrouge (Hauts-de-Seine). Ses projets naissent de l’exploration de territoires géographiques et intimes. Dans ses travaux à la dimension documentaire ou plus subjectifs, elle cherche à interroger la fragilité du monde et le passage du temps, s’intéressant à l’inscription de l’humain dans son environnement. Elle a été exposée dans le cadre de festivals et de lieux d’art à Paris, Rennes, Arles ou Montpellier. Françoise Lambert expose « Paysage sensible #1 – Rest in Peace » dans le cadre de l’exposition « L’Archipel des possibles » au 100ecs du 4 juin au 25 juillet 2026. Elle est membre de l’agence Hans Lucas.
LE CHÂTEAU, de LAURENT MARESCHAL
Le Château, Achziv, nord israël 2010–11 · Trace vidéo de la performance, 8’35 », HD, couleur, son stéréo · Hébreu & arabe, sous-titré français.
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Au cours de déplacements de contextes symboliques, un geste simple devient le support à une confrontation politique, un jeu se transforme en lutte désespérée contre le temps, une rencontre conviviale autour d’une installation éphémère fait émerger les récits historiques. Entre engagement et sensibilité, ses projets trouvent leur force dans l’expérience de ceux qui les partagent. Le Château en est l’exemple le plus direct : des enfants de l’école bilingue arabe-hébreu « Galil » construisent ensemble un château de sable — et reproduisent, sans le savoir, les schémas relationnels des adultes qui les entourent.
Laurent Mareschal vit et travaille à Paris. Dans ses vidéos, installations et performances, il recourt à des moyens inattendus. C’est à l’occasion d’un échange étudiant en 1997 qu’il se rend à Jérusalem — devait y séjourner trois mois, il s’y installera trois ans et y apprendra l’hébreu. Diplômé des Beaux-Arts de Paris et du Fresnoy, studio national des arts contemporains de Tourcoing, il expose régulièrement en France et à l’étranger — Victoria & Albert Museum, Van Abbe Museum, CAPC, Grand Palais, Musée d’art d’Ashdod.
LA NUIT DE LA SAINT-SYLVESTRE, de PASCAL HAUSHERR
La Nuit de la Saint-Sylvestre. Impde Wolvertem, Belgique. 1999 · Film expérimental, 6′ Couleur, sonore · Format original Hi8, transféré VHS, numérisé
Réalisation, montage, mixage & production : Pascal Hausherr · Texte & voix off : Marie-Hélène Clément
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Une nuit d’hiver. Il neige. Un personnage surveille la rue depuis une fenêtre — la caméra tourne. Une voix féminine annonce qu’une femme a disparu : on l’aurait vue quitter son appartement, sans précipitation. La police cherchera des traces. Des traces, il y en a — celles d’une auto qui aura fait brusquement demi-tour, sous les yeux impassibles de l’observateur. La Nuit de la Saint-Sylvestre tient du film noir autant que de la veille documentaire — une scène ordinaire qui bascule par la seule force de la voix. Pascal Hausherr y construit un dispositif minimaliste : une fenêtre, une rue sous la neige, un regard fixe. C’est le texte de Marie-Hélène Clément, lu en voix off, qui fait de cette immobilité une énigme — et du spectateur, un témoin.
Pascal Hausherr est né en 1957 à Louviers, Eure. Il s’affirme dans les années 1990 par une photographie alliant auto-fiction et mise en scène. À partir des années 2000, son travail s’oriente vers une documentation subjective des limites politiques, sociales, économiques de la France. Il mènera par ailleurs dans les années 90 une recherche filmique en vidéo Hi8, montée et mixée sur cassette VHS avec 2 magnétoscopes
DIFFRACTED EXHIBIT, de ISABELLE ARVERS
Diffracted Exhibit 2026 · 15′ — Koh Lanta, Thaïlande
Extrait de l’installation Diffracted Exhibit. Performance sonore Taahm par le Noon Arts Collective
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Diffracted Exhibit part d’une question simple : que se passe-t-il pour une peinture quand on ne la documente plus, mais qu’on la scanne ?
Un scan 3D ne capture pas une image de l’œuvre — il échantillonne sa surface, en extrait des données, la sépare de son support. Ce n’est pas un geste neutre. Il introduit de la perte, de la distorsion, une redistribution. Le pigment se retrouve projeté sur des géométries qui n’étaient jamais les siennes : racines, murs, offrandes.Les sites de scan ont été choisis pour leur poids — maisons des esprits, arbres habités, figuiers associés à des présences invisibles. Ces lieux fonctionnent déjà comme une sorte d’interface : ils rendent visible ce qui ne peut être vu directement. En ce sens, ils ne sont pas si éloignés d’un maillage polygonal ou d’un pipeline de rendu. Les deux systèmes tentent de donner forme à quelque chose qui résiste à la représentation directe.Le son suit la même logique de déplacement. Enregistré dans les grottes du Satun UNESCO Global Geopark — Tham Le Stegadon, Tham Phu Pha Phet, Tham Urai Thong — et auprès des communautés Orang Asli lors de la visite d’échange du Noon Arts Collective, il a ensuite été performé en live au Thapae East avant d’être enregistré au Woranon Music Studio (Chiang Mai, mai 2025, sortie octobre 2025). Il traverse plusieurs corps, lieux et états — tout comme la peinture. Ce n’est pas une illustration sonore : c’est une mémoire souterraine qui remonte à la surface.Le moteur de jeu n’est pas utilisé pour simuler la réalité, mais pour révéler ce que le scan produit sous pression : glitch, superposition de couches, volumes aberrants. Ces artefacts ne sont pas corrigés — ils sont l’œuvre elle-même.Diffracted Exhibit ne cherche pas à réconcilier animisme et technologie. Elle les place dans le même espace, et observe ce qui se passe quand deux systèmes partagent la même surface.
Isabelle Arvers est une artiste et curatrice française spécialisée depuis plus de vingt ans dans l’art numérique et le jeu vidéo, qu’elle aborde sous des angles formels, éthiques et critiques. Pionnière de la machinima en France, elle conçoit des programmes de films pour des festivals et des musées depuis 2005, et anime des ateliers pour des publics variés depuis 2009. En mai 2024, elle a soutenu une thèse de doctorat intitulée Decolonizing Art & Video Games, qui marque deux décennies de pratique curatoriale et artistique. Son travail explore le détournement du jeu vidéo, la décolonisation des imaginaires numériques, et les liens entre animisme, territoire et technologie. Elle développe actuellement plusieurs projets à l’intersection du jeu vidéo, de l’écologie et des systèmes de savoir ancestraux, dont Aux Futurs Ancestraux et Beyond Green Games. Elle vit et travaille à Marseille.
RED GATE RESIDENCY, de HENRI TAULIAUT
Red Gate Residency 2018 — Résidence artistique à Pékin Extrait de l’installation Archipelagos Performances avec Annabel Gueredrat — 13,45”
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Inspiré par l’Afro-futurisme et le techno-chamanisme, Henri Tauliaut crée un art vivant et profondément relationnel. Depuis vingt ans, il développe une pratique croisant bio-art, arts numériques interactifs et spiritualités ancestrales — mettant en relation signaux corporels et données du vivant à travers des dispositifs technologiques sensibles. Docteur en arts plastiques, il interroge mémoire, généalogie et récits caribéens à travers installations et performances réalisées entre les Caraïbes, les Amériques, l’Europe et l’Asie.
Sa pratique croise art, science et vivant — capteurs biométriques, dispositifs immersifs, signaux de plantes et micro-organismes comme vecteurs de création. Il ancre ce travail dans les cultures caribéennes : généalogie, ancestralité, spiritualités. Ses œuvres sont présentées à l’international dans le cadre de festivals et biennales — La Havane, Pékin, Kingston, Miami. Entre Afro-futurisme, techno-chamanisme et vaudou numérique, il fait dialoguer les technologies du présent et les forces invisibles de nos héritages — traditions, rituels, données.
Antépénultième (Daoura), de ALAIN KANTARJIAN
Liban, Beyrouth, 2013 — 13,33”
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Le projet filmique Antépénultième (Daoura) constitue le premier volet d’un cycle cinématographique consacré aux habitants d’une zone portuaire peu connue située à Daoura/Bourj Hammoud, près de Beyrouth. Le film a été réalisé principalement entre 2011 et 2012. La situation autour du port et de la « montagne de déchets » centrale ayant profondément changé depuis cette époque, le film possède aujourd’hui également une valeur d’archive.
Dans les années 1980, la ville de Beyrouth a déversé à proximité du petit port de pêche de Daoura d’importantes quantités de déchets de toutes sortes, créant au bord de la mer une immense colline d’ordures. Après que cette décharge eut été recouverte de terre en 2005, la végétation s’y est progressivement développée, donnant au lieu, au printemps, une apparence étonnamment verte, presque rurale, parfois même bucolique et idyllique.
À l’époque où cette « montagne de déchets » existait encore, l’accès au site était officiellement interdit en raison de la pollution persistante, bien que cette interdiction fût rarement respectée. Au pied de cette colline « toxique » subsistait une petite communauté dont le quotidien et les formes de vie se trouvent au centre du projet.
La communauté représentée dans Antépénultième (Daoura) est hétérogène et mouvante. Elle rassemble pêcheurs, travailleurs étrangers, migrants sans statut légal, réfugiés, personnes âgées ainsi que personnes vivant dans des conditions précaires de la région (Iraq, Palestine, Égypte, Syrie, Liban). Déjà situés à la marge de la société, leurs espaces de vie se trouvent progressivement fragilisés par les projets d’urbanisation, la transformation continue du littoral et, plus largement, par les effets de la mondialisation.
Entre-temps, une grande partie de cette montagne de déchets a été déplacée et repoussée vers la mer, vraisemblablement afin de libérer de l’espace pour de futurs projets immobiliers et urbains, modifiant profondément l’écologie de la région de Daoura.
Le film appartient à un ensemble plus vaste d’archives photographiques et vidéographiques développé depuis 2005, ainsi qu’à une trilogie comprenant, outre Antépénultième (Daoura), les films Waiting (Oh Marie Claire) et Coquillage. Certains éléments de cette archive ont également été présentés sous forme d’installations.
Réalisation: Alain Kantarjian
Images: Georges Haddad, Alain Kantarjian
Montage: Alain Kantarjian
Design sonore: Anthony Geara
Personnages: Abu Maher, Mohamad el Khodor (aka) Carlos, Saddam aka Abu Ali, Ahmad Saleh
Production: Alain Kantarjian, Paris 2013
Bibliographie de l’exposition
– La rencontre, de Charles pépin (Choix de Stefany Brancaz)
– L’éloge de l’empreinte, de Daniel de mon moulin (Choix de Stefany Brancaz)
– Le septième homme – John Berger (Choix de Kantarjian Alain)
– L’Atlas Mnémosyne – Aby Warburg (Choix de Kantarjian Alain)
– Bienheureux les fêlés, francoise Lambert, Arnaud Bizalion éditeur (Choix de François Lambert)
– Ceux de 14, Maurice Genevoix, Éd Flammarion, 900 pages. (poche GF) (Choix de François Lambert)
– 14-18, retrouver la guerre, Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, Collection Folio histoire (no125), Gallimard. (Choix de François Lambert)
– L’Écorce et le noyau, Nicolas Abraham et Maria Torok, Flammarion, Champs essais n°885, 494 pages. (Choix de François Lambert)
– Poétique de la Relation, de Édouard Glissant, Gallimard (Choix de José Man Lius)
– Traité du Tout-Monde, de Édouard Glissant, Gallimard (Choix de José Man Lius)
– Brutalisme, de Achille Mbembe, La Découverte (Choix de José Man Lius)
– Le Champignon de la fin du monde, de Anna Tsing, La Découverte (Choix de José Man Lius)
– Où atterrir ?, de Bruno Latour, La Découverte (Choix de José Man Lius)
– Vivre avec le trouble, de Donna Haraway, Éditions des mondes à faire (Choix de José Man Lius)
– Manières d’être vivant, de Baptiste Morizot, Actes Sud (Choix de José Man Lius)
– Comment tout peut s’effondrer, de Pablo Servigne & Raphaël Stevens, Seuil (Choix de José Man Lius)
– How Societies Remember, de Paul Connerton, Cambridge UP (Choix de José Man Lius)
– L’Image survivante, de Georges Didi-Huberman, Minuit (Choix de José Man Lius)
– Phénoménologie de la perception, de Maurice Merleau-Ponty, Gallimard (Choix de José Man Lius)
– Esthétique relationnelle, Nicolas Bourriaud, Les Presses du réel (Choix de José Man Lius)
– White Cube. L’espace de la galerie et son idéologie, de Brian O’Doherty, JRP|Ringier (Choix de José Man Lius)
– Donner le temps, de Hans Ulrich Obrist, Manuella (Choix de José Man Lius)
– Bunker archéologie, de Paul Virilio, Galilée (Choix de José Man Lius)
– Slow Violence and the Environmentalism of the Poor, de Rob Nixon, Harvard UP
– Tout peut changer, de Naomi Klein, Actes Sud (Choix de José Man Lius)
– Production, use and fate of all plastics ever made, de Roland Geyer et al., Science Advances (Choix de José Man Lius)
– Intoxication, de Stéphane Horel, La Découverte (Choix de José Man Lius)
– Court traité du paysage, Roger Alain, Gallimard – Collection Folio essais (no625) (Choix de Martial Verdier)
– Vivre avec le trouble, de Donna Haraway (Choix de Virginie Rochetti)
– La Terre est un être vivant : l’hypothèse Gaïa, de James Lovelock, Champs Flammarion. (Choix de Virginie Rochetti)
– L’émancipation de la vie / L’émergence de l’homme / Le retour des castors, de Josef Reichholf chez Champs Flammarion. (Choix de Virginie Rochetti)
– Une autre fin du monde est possible, de Pablo Servigne, Raphael Stevens et Gauthier Chapelle. Edition Seuil anthropocène (Choix de Régis Rizzo)
– Atlas de l’Anthropocène – 3eme édition de François Gemenne et Aleksandar Rankovic. Presses de Science Po (Choix de Régis Rizzo)
– Les Métamorphoses, d’Ovide. (Choix de Régis Rizzo)
– Marcher avec les dragons, de Tim Ingold (Choix de Sarah Roshem)
– Gestes d’humanités, de Yves Citton (Choix de Sarah Roshem)
– Résonnance, une sociologie de la relation au monde, de Harmut Rosa (Sarah Roshem)