Kafka/Hölderlin : Monde neuf – Théâtre

Non classé

Mise en scène : Bernard Sobel
En collaboration avec Michèle Raoul-Davis et Daniel Franco

Le Secret d’Amalia, un chapitre du Château de Franz Kafka
D’après la traduction de Jean-Pierre Lefebvre (La Pléiade. Ed. Gallimard).
Adaptation : Annie Lambert
La mort d’Emplédocle de Friedrich Hölderlin. 3ème version
Une revisitation des traductions disponibles en français a été nécessaire pour cette mise en scène.

Avec Valentine Catzéflis, Arthur Daniel, Matthieu Marie, Mathilde Marsan
Scénographie : Jacqueline Bosson
Son : Bernard Valléry
Lumière : Jean-François Besnard
Production : Cie Bernard Sobel

Le secret d’Amalia (durée : 1h15)
15 min d’entracte
La mort d’Empédocle (durée :  40 min)

Les 20 – 21 – 22 – 27 – 28 – 29 janvier
 les  05 – 10- 11 – 12 février 2022 à 20h00

DEUX DATES EXCEPTIONNELLES les 11 et 12 mars 2022 à 20h00

 Monde neuf (?)

« Dans ton combat contre le monde seconde le monde ». Franz Kafka

Kafka – dans le Château – et Hölderlin – dans La mort d’Empédocle – racontent des histoires. Ces histoires ont-elles quelque chose à nous apprendre ? K. échoue malgré ses efforts à se rendre au Château. Quant à l’Empédocle de Hölderlin, il ne parviendra jamais jusqu’au bord de l’Etna pour se jeter dans les flammes.

Dans un ouvrage récemment paru[1], le philosophe Giorgio Agamben écrit à propos d’Hölderlin : « Le témoin absolu sait que son témoignage interrompt l’histoire, ainsi que le discours du mensonge, sans inaugurer un autre temps ni un autre discours ; il sait qu’il n’y a pas d’histoire de la vérité, mais seulement une histoire du mensonge. » Le témoin ne se situe donc ni dans l’histoire, sans quoi son témoignage serait vide ou à la limite redondant, ni totalement en dehors de l’histoire, sans quoi il ne pourrait même pas l’interrompre. Il est comme ce point inassignable et placé en dehors du temps que Platon, dans le Parménide, appelle « l’instantané », et qui à la manière du point précis où une ligne, en se brisant, change de direction, ne peut être dit appartenir ni au segment d’avant – sans quoi ce dernier se poursuivrait – ni à celui d’après, ce qui supposerait déjà consommée, ou consumée, à la manière d’une allumette dont l’extrémité calcinée se brise, la trajectoire antérieure.

« Nah ist und schwer zu fassen / proche est et difficile à saisir. » Ce que Hölderlin, dans son hymne Patmos, dit à propos du dieu, vaut donc aussi pour ce point qui en se sauvant, en sauve peut-être aussi quelques autres. Quelque chose de cet ordre arrive lorsqu’Amalia, après avoir lu la lettre de Sortini, pousse un cri dans la nuit. Quant à Empédocle, qu’il nous suffise de citer ce cri intelligible mais qui n’en est pas moins cri, que forment les premiers mots de l’esquisse du chœur sur laquelle se conclut le cycle entier : Monde neuf

 

Daniel Franco & Bernard Sobel

[1] Quand la maison brûle, Payot rivages, 2021

LA PRESSE EN PARLE

L’un n’a plus de théâtre, plus de subventions plus d’âge et va à l’essentiel en dialoguant avec Kafka et Hölderlin. L’autre, dans la pleine force de l’âge dirige un théâtre bien doté mais, hélas, devant le premier « Tartuffe », fait le mariole en asservissant Molière à ses marottes. L’un n’ a jamais travaillé à la Comédie-Française, l’autre y revient encore une fois.

https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-thibaudat/blog/270122/bernard-sobel-versus-ivo-van-hove

Jean-Pierre Thibaudat

journaliste, écrivain, conseiller artistique, MEDIAPART

Selon la leçon bressonienne, le cinéma est avant tout affaire de montage, les images ne prenant leur véritable sens que dans leur association, déployant ainsi une compréhension, en filigrane, nouvelle et subtile du monde par cet inconscient et cet invisible qui relient deux séquences distinctes. En composant Monde neuf par le montage d’un chapitre du Château de Kafka suivi de La mort d’Empédocle (3ème version) de Hölderlin, Bernard Sobel n’agit pas autrement : les deux textes, comme des fragments emboîtés, se mettent à dialoguer faisant se réfléchir leurs énigmes et leurs questions ouvertes. Pièces à part, avec l’acuité et la fragilité de leur inachèvement, Monde neuf les prend à partie, et recompose un tout.
http://unfauteuilpourlorchestre.com/monde-neuf-textes-de-kafka-et-holderlin-mise-en-en-scene-de-bernard-sobel-au-theatre-du-100-paris/
Nicolas Thevenot

, UN FAUTEUIL POUR L'ORCHESTRE

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