Exposition
CHIMÈRES
Du 05 AU 16 DÉCEMBRE 2026
VERNISSAGE & inauguration du Festival 12×12 – 17e édition
le samedi 5 décembre à partir de 19h30
À l’origine, créature fantastique malfaisante à la queue de serpent et au corps pour moitié de lion et pour moitié de chèvre (représentant respectivement l’envie, l’orgueil et l’impureté), la Chimère a ensuite désigné toute bêtes fantastiques au caractère composite.
Au Moyen Âge, pour les érudits qui connaissent les récits antiques via des auteurs comme Pline l’Ancien, l’hybridité est perçue comme une transgression de l’ordre naturel, donc comme un signe de déséquilibre moral et spirituel. Les chimères représentent alors, sous forme de monstres composites déclinés artistiquement, des symboles moraux.
Pour ce faire, les artistes médiévaux ne « copient » pas la nature ; ils illustrent une vision théologique du monde qu’ils intègrent dans les bestiaires médiévaux et dans l’architecture sacrée. Le monde est ainsi structuré en deux pôles : celui de l’ordre divin, fait des animaux harmonieux de la création, et celui du chaos et du péché, d’où surgissent monstres et êtres hybrides.
À l’exception de quelques créatures partiellement positives, comme la licorne ou le griffon, il s’agit généralement de représenter le Mal, de mettre ainsi en garde les fidèles contre les dangers spirituels et de montrer, par la soumission de ces monstres aux saints, à la croix ou à l’eau bénite, la puissance divine.
Au sein d’une culture où le monde est lu comme un système de signes possédant une signification ostensible et une signification cachée, on ne voit pas ces créatures comme des « fantaisies », mais comme des symboles de ce qui échappe à l’ordre divin, des avertissements pour les fidèles face à une damnation qui ne peut être combattue que par la morale chrétienne.
Ce sens abstrait, qui prend sa source dans la pensée médiévale, aboutit de nos jours à son sens contemporain où la « chimère », et son adjectif « chimérique », désignent avant tout des idées et des pensées irréalistes, voire, en psychanalyse, le désir inatteignable de fantasmes ne pouvant être satisfaits. Créature au physique autrefois monstrueux, la Chimère perdure ainsi à travers un concept abstrait : l’illusion, cet autre monstre hantant l’esprit humain.
Artistes
Sophie Taïs | Yveline Bouquard | …en cours
Curation
Fabienne Rousseau